L’écoute d’albums comme vecteur de découverte musicale

Aujourd’hui, si tu me demandes quelles sont mes passions, je te répondrais la musique en première position. J’adore découvrir de nouvelles tracks, des esthétiques sonores novatrices, découvrir des scènes locales, me perdre dans la foule d’un club ou d’un festival… Pourtant, s’il y a un truc qui caractérise un fan de musique, c’est sa culture musicale bien souvent reflétée par sa collection d’albums. Pourtant, c’est un format que j’explore très peu. Avec cet article, je voulais questionner mon rapport à ce format et la place qu’il a aujourd’hui à l’ère du streaming.

L’album à l’ère d’internet

Format de prédilection de mes parents, des trajets en voiture aux écoutes de salon, l’album n’a définitivement pas la même place dans ma pratique de l’écoute musicale. Petit, j’ai bien emprunté nombre de CD dans les bibliothèques de ma mère pour les écouter dans ma chambre, mais très vite internet est arrivé dans ma vie et a changé ma façon de découvrir et de consommer de la musique.

En effet, sur internet, j’ai découvert de la musique que je n’aurais jamais pu imaginer sans cet outil. C’est sur Deezer (à l’époque où le compte gratuit était généreux) et sur YouTube que j’ai découvert les genres de musique électronique que je chéris encore aujourd’hui : la Drum & Bass et le Dubstep (puis en viendront bien d’autre). Ainsi, j’entre dans une culture musicale où l’album n’est pas le format de prédilection pour s’exprimer. Les producteurs sortent leurs tracks dans des EPs et si je veux écouter un format long, j’ai les DJ sets riches en découvertes musicales et qui, pour certain, construisent une histoire comme le ferait un album tout en nécessitant moins d’engagement de la part de l’auditeur. Comme dans une soirée, je peux entrer et sortir du set sans trop de conséquences sur l’expérience globale. Et le DJ set, qu’il soit issu d’une soirée ou d’un podcast radio, me permet de découvrir de nouveaux sons et de nouveaux artistes, résultats d’un travail humain de curation réalisé par le DJ.

Et oui, la curation, la playlist créée par un éditorialiste d’une plateforme de streaming qui considère la musique comme un divertissement plutôt qu’une forme d’art… C’est bien ces plateformes et ces playlists qui aujourd’hui relaient les albums au second plan, là où ils étaient maîtres de l’industrie musicale des années 70 au milieu des années 2000. Quand on se rend sur la page d’accueil ou « découverte » de n’importe quelle plateforme de streaming, il est facile de se rendre compte que l’album est comme effacé de ces plateformes devenues notre principale méthode de consommation de la musique. Les singles, format adapté à notre recherche de gratification instantanée, sont devenus la nouvelle norme pour les labels qui cherchent à avoir leurs artistes dans ces playlists que tout le monde lance quand ils ne savent pas quoi écouter (probablement, car on est tous noyés dans cette infinité de contenu).

L’album, un fragment d’histoire

Mais en quoi ce format est si important me diriez-vous. Et bien parce que l’album est le format idéal pour explorer l’univers d’un artiste, mais également découvrir et s’immerger dans un genre ou une époque dont on n’aurait que très peu de référence. C’est de là que part mon postulat ; j’écoutais rarement des albums jusqu’à récemment où, appréciant grandement les quelques tracks Hip-hop des années 90 glanées sur Tidal, je souhaitais me faire une culture dans ce genre et découvrir de nouveaux artistes. Alors j’ai simplement fait une recherche des meilleurs albums Hip-hop et j’ai écouté ceux dont la description me parlait le plus (et dont je connaissais une ou plusieurs tracks du groupe). Je crois qu’il n’y avait pas meilleure façon de m’immerger dans cet univers sonore. Je n’ai probablement pas tous les classiques, je ne connais certainement pas (encore) tous les artistes qui ont défini cette période, mais j’ai passé un moment unique avec chaque album et j’apprécie y revenir. Et puis… comment j’ai pu passer à côté d’A Tribe Called Quest dont les influences de Jazz et les prods riches en basse m’enchantent ? Une preuve que l’exploration nous récompense avec des artistes qui nous marquent.

Quand j’y repense, pendant l’écriture de mon mémoire de fin d’études, j’allais quotidiennement à la bibliothèque municipale. Et qu’est-ce qu’ils ont à la bibliothèque ? Des vinyles ! Alors tous les jours j’allais me servir dans le bac à vinyles et repartais avec un ou deux albums que j’écoutais religieusement le soir à la maison. Et c’était incroyable ! J’ai découvert Depeche Mode au-delà des classiques « Personnal Jesus » et « Enjoy the Silence », j’ai exploré le Jazz jamaïcain avec Grounation, album singulier, mais ô combien envoûtant. C’est beaucoup plus enrichissant d’explorer un genre par ce biais, de prendre l’album d’un artiste connu dans un genre défini et d’en approfondir l’œuvre, plutôt que d’écouter une playlist avec tous les classiques qu’on connaît déjà. Mettre que des banger ensemble ça réduit leur impact. C’est tellement plus intéressant de redécouvrir ces classiques dans le contexte dans lequel ils ont été créer, l’album, avec l’enchaînement réfléchit des morceaux qui construisent un récit, plutôt que comme un hit orphelin exploité par les studios.

Un changement dans mes habitudes d’écoute

Cette expérience m’a ouvert les yeux sur l’album en tant que format. J’ai déjà hâte de pouvoir explorer d’autres genres et de découvrir de nouveaux univers artistiques en écoutant de nouveaux albums. J’ai également bien envie de retenter l’expérience de l’emprunt en bibliothèque pour se laisser surprendre parce qu’on peut trouver dans leurs bacs. J’espère que ce petit billet d’humeur vous a donné envie d’explorer les albums produits par vos artistes favoris. Où d’élargir vos horizons vers de nouveaux genres musicaux qui vous font de l’œil.

À l’occasion de cet article, je vous laisse une sélection de cinq albums que j’aime particulièrement. À écouter sans modération :

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